Comment travailler avec l’unité d’innovation du ministère américain de la défense

La Défense Innovation Unit (DIU) aide le département américain de la défense à ne plus tout construire lui-même et à s’engager auprès des entreprises commerciales qui produisent les capacités techniques dont il a besoin.

Des entreprises de toutes sortes et de toutes tailles aux États-Unis et dans les pays partenaires alliés (y compris le Canada) s’associent à la DIU, car elle constitue un moyen rapide d’introduire la technologie au sein du département américain de la défense et n’est alignée sur aucun des services traditionnels de l’armée. Au contraire, elle travaille avec tout partenaire de mission qui s’adresse à elle à la recherche d’entreprises commerciales pour résoudre des problèmes de sécurité nationale.

La DIU comprend trois composantes. Le Core Defense Innovation Unit (L’unité centrale d’innovation pour la défense) travaille sur des solutions ayant un TRL (Technology Readiness Level ou niveau de préparation technologique) élevé et qui sont déjà au stade de la production. Elle recherche des entreprises en démarrage et des petites entreprises novatrices, disposant des technologies les plus récentes, peu alourdies par la bureaucratie et capables de résoudre rapidement des problèmes de défense.

Le NSIC (National Security Innovation Capital) (Capital d’innovation en matière de sécurité nationale) et le NCIN (National Security Innovation Network) (Réseau d’innovation en matière de sécurité nationale) interviennent plus tôt dans le cycle du produit, aux stades du concept, du développement et du prototype. Le NSIC accélère le matériel à double usage ciblé et catalyse l’investissement privé en réduisant les risques de développement et en signalant la demande potentielle du département américain de la défense. Le NSIN recherche de nouveaux talents et commercialise les technologies issues des laboratoires, des incubateurs et des accélérateurs du département américain de la défense. Il développe également de nouvelles solutions pour les défis du département américain de la défense en collaboration avec des entreprises en démarrage et des universités.

La DIU se concentre sur six domaines technologiques :

  1. IA/ML (modèles fondamentaux, IA générationnelle, modélisation et simulation, matériel de formation et d’interférence et aide à la décision opérationnelle)
  2. Autonomie (technologie d’essaimage des petits drones, véhicules maritimes de surface sans pilote pour l’ISR (renseignement, surveillance and acquisition d’objectifs), logiciels de navigation autonome pour les véhicules terrestres, contre-systèmes aériens sans pilote, logistique et fabrication de pointe, navigation intérieure et cartographie en 3D, communications à maillage rapide),
  3. Cyber et télécommunications (réseaux sécuritaires, utilisation à distance sur le champ de bataille, gestion des actifs logiciels, validation automatisée de la sécurité, modèle de données et d’exécution distribué et sans confiance, cryptographie post-quantique)
  4. Énergie (technologies des batteries, électrification des véhicules, production d’énergie à l’échelle du réseau, assainissement de l’environnement et valorisation énergétique des déchets),
  5. Systèmes humains (technologies portables, résilience de la bioéconomie, détection des menaces de biodéfense, prévention et contre-mesures, solutions tactiques centrées sur l’homme, formation (AR/VR), performances humaines), et
  6. Espace (fusées, infrastructure numérique dans l’espace, logistique et modularité dans l’espace, hypersonique, télédétection persistante, livraison commerciale au-delà de l’orbite terrestre basse (satellites)).

L’unité exécute des projets qui ne relèvent pas de l’un de ces six portefeuilles traditionnels, mais pour l’essentiel, les partenaires de la mission s’adressent à cette unité pour ces six domaines d’intérêt technologique.

Le cycle de vie d’un projet DIU comporte quatre étapes.

Au cours de la première étape, celle de l’identification des problèmes et de la diligence, la DIU passe du temps à discuter avec le partenaire de la mission du problème qu’il cherche à résoudre à l’aide d’une solution commerciale. Cette étape peut prendre un certain temps, en fonction du degré de réflexion du partenaire de la mission sur le travail à accomplir.

Une fois que la DIU a compris les besoins du partenaire de la mission, il travaille avec lui pour formuler un problème général qui trouvera un écho auprès de plusieurs fournisseurs et entamera la phase de Commercial Solutions Opening (CSO) (ouverture de solutions commerciales) en plusieurs étapes.

Pour la phase 1 de la CSO, la DIU publiera un appel d’offres pendant environ 10 jours ouvrables et recevra entre 5 et plus de 100 réponses.

Au cours de la deuxième phase, la DIU évaluera toutes les réponses en fonction de critères très précis et sélectionnera les parties qu’elle souhaite voir venir pour les présenter. Les fournisseurs disposent d’une heure environ pour présenter leur solution et participer aux questions-réponses avec la DIU et le partenaire de la mission.

Pour la troisième phase de la CSO, la DIU sélectionne les soumissionnaires retenus et négociera un accord de prototypage de la solution. Les entreprises sélectionnées pour l’attribution d’un prototype seront informées et recevront un dossier comprenant un appel d’offres dans lequel le fournisseur pourra soumettre une proposition formelle comprenant le prix du prototype, le prix approximatif de la production, les délais et d’autres éléments décrivant sa solution. À partir de là, la DIU exécutera un contrat prototype. La DIU vise à signer un contrat de prototype dans les 60 à 90 jours suivant la clôture de l’appel d’offres.

La phase de prototypage dure entre 12 et 24 mois. La plupart des projets de logiciels durent généralement 12 mois, tandis que la phase de prototypage des projets de matériel dure souvent 24 mois. Mais l’objectif est de prouver que la solution fonctionne pour le département de la défense.

Les octrois effectués par la DIU sont appelées OTA (Other Transaction Authority) (Autre compétence en matière de transactions ) et sont plus simples et plus rapides. Ils comprennent généralement des protections de la propriété intellectuelle du fournisseur, mais aussi des droits à des fins gouvernementales (Government Purpose Right ou GPR), en vertu desquels la DIU possède toutes les données qui entrent et sortent de la solution du fournisseur.

La dernière étape est celle de la transition. La DIU aidera à négocier un contrat de production entre le fournisseur et le partenaire de la mission. Veuillez noter qu’il n’y a aura pas de nouvel appel d’offres. Si les fournisseurs participent à l’ouverture d’une solution commerciale de la DIU, qu’ils obtiennent un contrat de prototype et que leur(s) solution(s) répond(ent) aux attentes du partenaire de la mission, ils n’ont pas besoin de refaire un appel d’offres. La réponse à l’appel d’offres est considérée comme ayant déjà été faite, la solution est acceptable pour le département de la défense et le fournisseur peut signer un contrat de production.

Q : La DIU travaille-t-elle avec l’USCG (U.S. Coast Guard) ?

R (Scott Sumner) : Oui, la DIU travaille avec les six services, soit l’armée de terre, la marine, l’armée de l’air, les marines, l’armée de l’espace et les garde-côtes.

 

Q : Existe-t-il un mécanisme d’incitation pour présenter des solutions potentielles, ou seulement un mécanisme d’incitation pour répondre à un problème que le partenaire interne sait qu’il a ?

A (Scott Sumner) : Nous sommes intéressés par les nouvelles technologies. Si vous avez une solution novatrice et que vous ne voyez pas d’appels d’offres, mais que vous pensez que nous devrions vous connaître, envoyez une demande et un membre de l’équipe chargée de l’engagement commercial vous contactera peut-être.

Si votre solution ne répond pas à un besoin immédiat, notre équipe d’engagement commercial la mettra de côté pour le jour où un appel d’offres émanant d’un partenaire de la mission conviendra. Mais nous ne servons pas d’organe de développement commercial pour les fournisseurs.

 

Q : Quels sont les consortiums associés aux OTA ? Devons-nous adhérer à un ou plusieurs d’entre eux ?

A (Scott Sumner) : Les consortiums sont un moyen de participer à un OTA, mais ce n’est pas le seul. Nous attribuons des OTA à des fournisseurs spécifiques ou nous travaillons avec un intégrateur qui soumet une offre au nom d’un petit fournisseur en démarrage qui souhaite réduire ses risques.

 

Q : Quels types de certifications les entreprises canadiennes doivent-elles posséder pour travailler avec la DIU ?

A (Scott Sumner) : Aucune certification n’est requise pour travailler avec nous. En fonction du partenaire de la mission, votre solution pourrait nécessiter des certifications pour être adaptée à son utilisation. Par exemple, en fonction du type de données concernées – classifiées, top secrètes – vous devrez obtenir un certain niveau de certification de la part d’une autorité du département américain de la défense.

 

Q : Si la solution retenue est une application/un logiciel, la DIU accélère-t-elle l’obtention de l’autorisation d’exploitation (authority to operate ou ATO) ?

R (Scott Sumner): Les logiciels nécessitent souvent deux certifications – l’IATT (interim authorization to test ou autorisation provisoire de tester) est nécessaire pour mettre votre solution à la disposition du département, et l’ATO est nécessaire pour passer à la production. La DIU peut-il accorder votre ATO ? Pas vraiment, sauf dans des circonstances particulières. Nous pouvons vous parrainer pour l’ATO, nous pouvons vous parrainer pour l’IATT, mais normalement ces certifications sont délivrées par le partenaire de la mission lui-même.

 

Q : Quelle est votre relation avec des projets similaires au DARPA ? Est-il possible qu’ils se chevauchent ?

R (Scott Sumner) : Il est possible qu’ils se chevauchent. Comme je l’ai dit, la DIU tend à opérer vers les TRL les plus élevés et à être disponible commercialement. La DARPA est une organisation sœur du département de la Défense, mais elle se concentre davantage sur la recherche et le développement.

Souvent, quelqu’un vient à la DIU et dit : « Nous pouvons développer ceci » et nous répondons : « Appelez la DARPA » ou « Laissez-nous vous confier à DARPA ». DARPA a tendance à se situer un peu plus tôt dans le cycle de vie. Nous recherchons des solutions déjà développées et commercialement viables.

 

Q : Que se passe-t-il si la technologie recoupe plusieurs points focaux, comme les drones, le réseau maillé, le contrôle de la qualité et les communications sécurisées ? Le fournisseur doit-il se concentrer sur un ou plusieurs domaines ?

R (Scott Sumner) : Si la solution concerne vraiment plusieurs domaines, il faut les réunir tous les quatre. Il y a de fortes chances que les besoins d’un partenaire de mission soient multiples, dans le sens où il veut un drone capable de communiquer en toute sécurité et dont les batteries durent longtemps. Souvent, l’un des portefeuilles prend l’initiative et les autres la complètent, mais les experts en technologie de tous les portefeuilles participent à l’évaluation de l’ensemble de la solution.

technology experts from all the portfolios are involved in evaluating the whole solution.

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